Gestion des risques

Pourquoi 41% des RSSI peinent à valoriser la cybersécurité : décryptage d’un fossé stratégique sur le plan économique

41% des responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) éprouvent des difficultés à traduire la cybersécurité en termes de valeur économique. Ce chiffre met en lumière un fossé criant entre les mesures de sécurité techniques et la gestion financière au sein des entreprises.

La cybersécurité est pourtant un levier essentiel pour la croissance économique. Elle ne se contente pas de prévenir les pertes, elle stimule aussi l’innovation et la compétitivité. Mais comment exprimer cette importance en termes financiers pour convaincre les décideurs ?

Le défi de la traduction financière des risques cyber

Pour obtenir le soutien financier nécessaire, les experts en sécurité doivent exprimer l’impact des risques et des mesures de mitigation en termes financiers. C’est ici que le bât blesse. Les RSSI comprennent les menaces potentielles, mais communiquer ces informations aux financiers ressemble souvent à un dialogue de sourds.

Un plan d’action cyber quantifié peut aider à structurer une stratégie de sécurité mesurable financièrement. Cela implique de monétiser les risques cyber pour obtenir un investissement des parties prenantes et l’adhésion des dirigeants. Mais cette approche est-elle mise en pratique ?

Dans de nombreuses entreprises, la sécurité n’est encore perçue que comme un centre de coûts. Pourtant, avec une approche bien structurée, elle pourrait être un générateur de valeur. Mais pour cela, il faut convaincre ceux qui tiennent les cordons de la bourse.

Le rôle des RSSI dans les décisions stratégiques

Les fonctions de cybersécurité ont participé à des initiatives créatrices de valeur, comme l’adoption de nouvelles technologies ou l’expansion vers de nouveaux marchés. Cependant, 58% des RSSI estiment qu’il est difficile d’articuler leur valeur au-delà de la simple atténuation des risques.

Malgré des budgets de cybersécurité en baisse, les RSSI doivent être impliqués dès les premières discussions stratégiques pour maximiser leur impact. Ceux qui sont consultés tôt dans le processus rapportent plus de valeur, mais ils ne représentent que 13% des cas.

Pour être efficaces, les RSSI doivent trouver des moyens de simplifier leur arsenal technologique. En rationalisant les outils, ils peuvent non seulement réduire les coûts mais aussi améliorer leur visibilité sur les menaces.

Impact économique de la cybersécurité sur les marchés émergents

Dans les marchés émergents, la cybersécurité est un facteur clé pour la croissance économique. En réduisant les incidents, un pays en développement pourrait voir son PIB par habitant croître de 1,5% en une décennie. Cela souligne combien la cybersécurité est cruciale pour le développement économique.

Les industries les plus numérisées et rentables ont mieux performé dans les pays où l’engagement en cybersécurité est fort. Pourtant, les progrès restent lents, avec de nombreux incidents ciblant encore l’administration publique et la finance.

La cybersécurité n’est plus seulement une question de protection, elle est devenue un catalyseur de croissance économique. Pour les pays en développement, combler les lacunes en cybersécurité pourrait booster significativement leur développement.

À retenir

  • 41% des RSSI peinent à valoriser la cybersécurité économiquement.
  • Les RSSI doivent être impliqués dans les décisions stratégiques dès le début.
  • La cybersécurité est cruciale pour la croissance économique des marchés émergents.

Questions fréquentes

Pourquoi les RSSI ont-ils du mal à traduire la cybersécurité en termes économiques ?
Les RSSI ont du mal à communiquer la valeur de la cybersécurité en termes financiers, ce qui complique l’obtention de budgets et de soutien des décideurs économiques.
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Olivier Gouin

Olivier occupe aujourd'hui la fonction de Coordonnateur Régional sur la Zone Ouest (défense) du Réseau des Experts Cyber Menaces de la Police Nationale - Le RECyM depend de l'Office Anti-Cybecriminalité (OFAC). Son parcours illustre une synergie unique entre les univers de la défense et du monde civil, du public comme du privé, dans des domaines de la haute technologique, de la sécurité de l'information, de l'industrie et du secteur des services, de la gestion des risques et des assurances. Son expertise s'étend également à la formation spécialisée, notamment auprès des Compagnies d'assurances, des Courtiers et des Agents Géneraux sur les risques liés au numerique et à la cybersécurité. Très présent dans le monde de l'innovation technologique et du numérique, il a accompagné des projets et des programmes dans les secteurs technologiques de pointes et dans un environnement dual. Il a été également co-fondateur du Clusir Bretagne

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